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LE JEU : OUTIL DE DEVELOPPEMENT

Si le jeu nous permet de dire, jusqu’à un certain point, le niveau de développement d’un enfant, il peut aussi être un moyen qui lui permettra de grandir, de se perfectionner et d’acquérir de nouvelles connaissances. Le jeu est le principal outil pour apprendre à maîtriser les muscles, le corps, l’équilibre, la coordination, la motricité grossière, puis la motricité fine.

C’est toujours au moyen des jeux que l’enfant expérimente l’espace autour de lui, et qu’il améliore sans cesse sa perception du monde. Il développe aussi toutes sortes d’autres habiletés : c’est en jouant qu’il découvre les émotions complexes, qu’il expérimente ses premiers conflits avec les autres, qu’il apprend à socialiser, qu’il découvre les rôles sexuels et se prépare à des activités d’adulte.

Bref, le jeu est éducatif au sens large. Il aide l’enfant à maturer et à développer son corps, son intelligence, sa personnalité.

 
À mon avis, le jeu, du moins l’énergie qui le soutient, est ce qui différencie l’adulte créateur, fantaisiste, optimiste, de celui qui a désappris la gratuité du plaisir...
 

QUE SONT DEVENUS NOS JEUX D’ENFANTS ?

Je ne peux terminer cet article sans m’interroger et vous interroger sur ce qu’il nous reste de ces jeux d’enfants lorsque, devenus adultes, nous confrontons parfois sagesse et vie sérieuse. À mon avis, le jeu, du moins l’énergie qui le soutient, est ce qui différencie l’adulte créateur, fantaisiste, optimiste, de celui qui a désappris la gratuité du plaisir... Est-ce que le théâtre ne serait pas la prolongation ou la transformation de ces jeux d’imitation, de rôles, que nous affectionnions enfants ? Ne dit-on pas jouer lorsqu’un acteur se produit sur scène ? Est-ce que la peinture, la sculpture ne seraient pas l’ultime perfectionnement des jeux de dessin, de gouache, de modelage de l’enfance ? Ne parle-t-on pas de jouer d’un instrument de musique, de jouer au hockey ou au tennis ? L’amour n’est-il pas accompagné de jeux amoureux ?

Tout le potentiel créateur est inscrit dans l’énergie du jeu. Toutes les grandes inventions naissent de cerveaux qui laissent la porte ouverte à l’impossible, à l’irrationnel, à la fantaisie, à l’imagination. Le jeu n’est-il pas, avec le sommeil, un territoire inexploré où le repos est confondu avec la richesse de notre inconscient ? Le jeu n’est-il pas la porte d’entrée dans l’univers secret de nos enfants ?

Et si, pour nous aussi, la vie sérieuse du travail pouvait être une occasion de jouer, de créer, d’éprouver du plaisir, tout comme cela l’est pour l’enfant, le joueur de hockey, le peintre, le musicien ?

Et si c’était l’école ou le milieu de travail qui n’avaient pas tout à fait compris les règles du jeu ?

 
 

Qu’est-ce qu’un bon jouet ?

Tout jouet peut être éducatif : cela dépend de l’enfant, et surtout de son âge. Il n’est pas nécessaire qu’un jouet soit coûteux ou compliqué, mais au contraire qu’il réponde aux vrais besoins de l’enfant et à ses capacités.

D’abord, il doit être intéressant, c’est-à-dire susciter la curiosité, la manipulation, l’expérimentation.
Il doit aussi laisser beaucoup de latitude à l’enfant, à sa créativité (par exemple, les blocs Lego correspondant à son âge). Certains jouets très sophistiqués et commerciaux tuent le goût de jouer, de créer, d’explorer. Par trop de réalisme, ils sont des copies conformes de jouets ou de fantasmes des adultes.
Si le jouet ne permet pas une interaction avec l’enfant, il ne pourra soutenir longtemps son intérêt.
Le jouet doit aussi correspondre aux capacités de l’enfant, à son âge, mais en même temps il faut qu’il représente un certain défi. Lorsque c’est trop facile, cela devient finalement ennuyant.
Par contre, si la difficulté est trop grande, il risque d’empêcher l’enfant de développer sa confiance en lui et en son corps.
Choisir un bon jouet demande réflexion, mais aussi une certaine simplicité. Il ne faut pas se laisser tenter par toutes les nouveautés, et surtout par le terme « éducatif » employé à toutes les sauces. De grosses bobines de fil vides enfilées sur un cordon peuvent constituer un collier éducatif fort amusant pour un bambin de 2 ans, et le captiver pendant un bon moment. Il pourra, par ailleurs, se servir des bobines pour construire une tour, au gré de son imagination et de sa fantaisie. Voilà un jouet éducatif qui ne coûte pas bien cher, et qui permet toutes sortes d’activités.

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