| Croissance
personnelle

Apparence
physique et estime de soi
Par
Marie Bérubé,
psychologue
C’est
au moment de la puberté, au début de l’adolescence,
lorsque le corps subit de multiples changements, rapidement
et sans qu’on puisse les contrôler, que l’apparence
physique devient pour plusieurs un objet de préoccupation.
L’impact sur l’estime de soi à ce moment
est évident plus qu’à n’importe
quelle autre période de la vie. Et, le fait d’acquérir
une image corporelle saine est une étape importante
dans le cheminement vers la maturité.
L’estime
de soi est ce sentiment intime de notre valeur personnelle
et de notre importance en tant qu’être humain.
Il s’est tissé tout au long de notre enfance,
dépendamment de conditions comme la sécurité
affective, l’amour inconditionnel des parents et
l’autonomie qui nous était accordée.
L’estime de soi s’est construite autour de
nos réussites, des compétences que nous
avons développées, de nos connaissances
et de nos qualités morales. Une bonne estime de
soi se rattache cependant davantage à ce que l’on
est qu’à ce qu’on l’on sait ou
à ce que l’on fait, même si c’est
parfois difficile de séparer les deux.
Séduction
et publicité
C’est
lors de l’éveil sexuel que l’être
humain découvre le pouvoir de son apparence physique
sur l’autre. Comme l’adolescence est une période
de profonde insécurité, ou l’on cherche
son identité, ou l’on découvre l’amour
et la séduction, le jeune est très vulnérable
aux images véhiculées par la publicité.
Être comme les autres, ne pas être rejeté,
isolé, correspondre au stéréotype,
peuvent devenir des obsessions. Les messages de la société
concernant l’importance de l’apparence sont
innombrables et ils ne s’adressent pas qu’aux
adolescents. Il se dépense en effet des milliards
de dollars chaque année dans les pays industrialisés
pour les soins corporels, capillaires, les produits diététiques,
l’entraînement en salle, les vêtements
de sport, les chirurgies de toute sorte, les tatouages
et les perçages divers, les bijoux et les vêtements
mode.
La
façon dont on évalue son corps, qu’on
l’apprécie ou qu’on le déprécie,
a, c’est bien certain, des répercussions
sur l’estime de soi. Le corps est en tout temps
exposé aux regards des autres, contrairement aux
autres compétences, qu’elles soient sociales,
morales, sportives, scolaires, professionnelles, artistiques
ou autres. Si les préoccupations des adolescents
peuvent sembler obsessives ou parfois même pathologiques,
elles sont tout à fait normales. C’est lorsqu’elles
se prolongent indûment à l’âge
adulte qu’elles sont plutôt le reflet d’une
faible estime de soi.
La
plupart des adultes finissent en effet par accepter de
ne pas correspondre tout à fait au modèle
culturel proposé et réalisent que l’amour
et le bien-être sont davantage rattachés
à ce qu’ils sont sur tous les plans. Plus
le vieillissement s’accompagne d’une certaine
acceptation de soi et de son corps, tout en gardant une
saine préoccupation pour la santé et la
forme physique, plus les chances de garder une bonne estime
de soi sont grandes.
Bien dans sa tête, bien dans son corps
Pour
se convaincre du fait que la beauté ne fait pas
nécessairement l’estime de soi, il suffit
de remarquer toutes ces belles personnes aux traits parfaits
et aux corps de dieux ou de déesses, mécontentes
de tel ou tel détail de leur morphologie et qui
se rendent malheureuses et investissent des fortunes pour
améliorer leur sort. Au contraire, nous connaissons
aussi de ces êtres moins favorisés par la
nature et qui ont su développer un charme fou en
cultivant d’autres attributs, moins visibles peut-être,
mais qui font d’eux des personnes riches, précieuses
et tellement appréciées.
Parallèlement, une bonne estime de soi va souvent
avec maturité, pensée indépendante
et acceptation de soi. Cela ne veut pas dire que l’on
doit se laisser aller et ne pas prendre soin de soi. Au
contraire! Mais cela veut dire qu’on fait reposer
la décision davantage sur des critères qui
dépendent de soi, plutôt que sur ceux qui
dépendent des autres. Il s’agit de dissocier
la perception de son corps de celle proposée par
les modèles sociaux. Plus facile à dire
qu’à faire, dans notre monde où la
jeunesse, la minceur et le culte des muscles parfaits
nous sont proposés partout et à toute heure.
Se
réapproprier son corps
En
développant notre estime de nous-même, en
centrant notre attention sur tous les autres aspects de
notre vie, en augmentant les sentiments de notre propre
valeur en tant qu’être humain, nous accorderons
moins d’importance au corps parfait et nous serons
mieux dans notre peau. Faire de l’exercice, bien
manger, jouir d’une bonne santé, sans préoccupation
obsessionnelle… tout cela deviendra du plaisir.
Et vous aurez la surprise d’être mieux dans
votre peau, rayonnant et heureux.. Peut-être alors
plus séduisant et à l’aise que vous
ne l’aurez jamais été... Certains
auteurs prétendent qu’on perd ses kilos en
trop lorsque l’on cesse d’y penser.
En
augmentant l’estime que vous avez de vous-même,
vous cesserez de vous comparer aux autres, de vous préoccuper
du regard des autres avec toutes les émotions difficiles
que cela entraîne.Vous pourrez alors plus facilement
vous faire plaisir et jouir de la nourriture plutôt
que de vous sentir coupable. Vous choisirez plus librement
vos vêtements, vos activités, vos loisirs
sans vous soucier du jugement d’autrui. Bref, en
centrant davantage votre attention sur ce qui améliore
votre personne, en vivant davantage d’expériences
plaisantes et épanouissantes, vous améliorerez
passablement la qualité de votre vie, vos communications
et votre capacité à être heureux.
Note: nous référons les lecteurs à notre autre texte L'estime de soi : passeport pour une vie satisfaisante.
Voir aussi nos formations Miser sur ma valeur et La manipulation: la reconnaître et s'en préserver.

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