Ces
temps-ci, en lisant les journaux, en regardant la télévision
ou simplement en écoutant les conversations, je
ne peux faire autrement que de remarquer, comme vous sans
doute, le climat de morosité dans lequel nous baignons
tous. Fermetures, faillites, licenciements massifs ne
cessent de faire les manchettes.
Et
puis voilà qu’en fin de semaine dernière,
une statistique me tombe sous les yeux. Une enquête
démontre que soixante et onze pour cent (71%) des
familles avec des revenus de $40 000 et moins ont peur
de perdre leur emploi, proportion qui s’élève
à cinquante cinq pour cent (55%) chez ceux qui
gagnent plus. Cela signifie que des gens, actuellement
au travail, ne sont plus du tout convaincus d’avoir
encore leur emploi dans six mois, un an ou plus. Avec
le niveau d’endettement qui accapare 84% du revenu
disponible, ces mêmes personnes s’inquiètent
de ne plus pouvoir payer leur loyer, leur hypothèque,
leur auto, leur chauffage, leurs taxes, les études
de leurs enfants. Il ne faut pas être psychologue
pour savoir qu’un tel climat de peur constitue probablement
le plus grand obstacle au développement de solutions
qui pourraient justement nous sortir de cette situation.
Pour
de plus en plus de gens, donc, il y a là un malaise
qui les amène à considérer un changement.
Pour ce faire, certains vont attendre pour réagir
et bouger d’avoir le fusil sur la tempe (fermeture
de l’usine, de l’entreprise, coupure de personnel,
etc.) Mais d’autres vont entreprendre dès
aujourd’hui les changements qu’ils désirent.
Mais comment change-t-on ? Y a-t-il un mode d’emploi
?
Je
vous propose aujourd’hui quelques outils qui ont
fait leurs preuves et qui devraient aider ceux qui le
désirent à modifier leur situation, que
ce soit au travail ou dans leur vie personnelle et familiale.
L’IMPORTANCE
DE SAVOIR CE QUE L’ON VEUT
La
toute première étape pour initier un changement,
aussi simpliste qu’elle puisse paraître, consiste
à décider ce que l’on veut précisément.
Quand on écoute les gens, on apprend souvent ce
qu’ils ne veulent pas, mais pas toujours ce qu’ils
veulent. Pourtant, tous les auteurs dans le domaine du
changement sont d’accord sur ce point: ceux
qui réussissent ont un but précis.
Définir
ce que l’on désire, le plus précisément
possible, nous donne une direction à suivre, nous
porte vers l’avant, mobilise notre cerveau dans
un sens précis. Vous souvenez-vous d’avoir
vu à l’écran, pendant la fameuse guerre
du Golfe, ces effrayants missiles équipés
d’une caméra de télévision
et programmés pour atteindre une cible bien déterminée
? Avec quelle précision ces engins de destruction
atteignaient leur but, réajustant automatiquement
leur trajectoire s’ils en déviaient !
Jusqu’à
un certain point, notre cerveau a aussi son système
de téléguidage et il va travailler pour
nous si nous lui donnons une direction bien précise.
D’où l’importance de réfléchir,
de trouver les rêves qui nous animent, de déterminer
avec soin nos buts, pour donner à notre cerveau
toutes les chances de nous y conduire (à ce sujet,
voir notre article Urgent
besoin de rêves sur notre site Internet).
Où va s’écraser le missile s’il
a été programmé avec plusieurs directions
contradictoires ? Chez l’être humain, on appelle
cela de la confusion.
TROUVER
UN LEVIER
Avez-vous
remarqué combien on trouve d’énergie
et de forces quand des événements surviennent
pour nous obliger à passer à l’action
? Nous avons tous entendu des récits d’efforts
surhumains accomplis par des gens qui ne se seraient jamais
crû capables de tels exploits, mais qui, dans la
nécessité, ont mobilisé toutes leurs
ressources: ils n’avaient pas d’autre choix.
Faut-il attendre donc d’être devant la nécessité
pour trouver la motivation pour agir ? N’est ce
pas ce que nous faisons tous à des degrés
divers ? Trop souvent, on attend pour bouger et changer
que la situation l’exige, et l’on se coupe
alors de toute autre possibilité d’action:
on n’a plus le choix, alors on le fait. En thérapie,
ceux qui agissent et changent le plus rapidement, ce sont
ceux qui souffrent, qui ont mal.
Mais
comment peut-on se motiver à agir avant la dernière
limite, puisque c’est de cela dont il est question
ici ? Pensez à ce que fait celui qui veut lever
une pierre trop lourde. Il trouve un levier ! Il glisse
l’extrémité d’un bâton
sous la roche, trouve un support et appuie sur l’autre
extrémité du bâton.
Si
l’on veut changer, il faut se munir d’un tel
levier. Il faut que le changement soit vu comme une urgence,
une nécessité si grande qu’on ne pourra
faire autrement que d’agir, même si dans les
faits il n’y a pas encore de nécessité
absolue. Il faut se programmer l’esprit de telle
façon qu’on associera plus de douleur au
statu quo qu’au changement.
Beaucoup
de gens savent ce qu’ils veulent changer, mais ne
le font pas. Pourquoi ? Parce qu’ils associent plus
de douleur au changement qu’à la situation
actuelle qui, pourtant, ne les enchante pas non plus.
« J’aimerais changer d’emploi pour
en trouver un plus satisfaisant, mais que va-t-il se passer
si c’est encore pire ailleurs ? Et puis, de toute
façon, il n’y a pas d’ouverture. »
- « J’aimerais introduire tel changement dans
mon travail pour le rendre plus satisfaisant, mais comment
vont réagir mes confrères, mon patron ?
De toute façon, ça s’endure. »
C’est la même chose au niveau personnel, familial,
amoureux, etc.
CRÉER
LE MALAISE
Voici
comment vous fabriquer un levier qui vous aidera à
ressentir profondément la nécessité
du changement que vous voulez faire. Posez-vous les questions
suivantes et écrivez le plus de réponses
possibles; il faut vraiment que vous arriviez à
associer un tel inconfort, une telle douleur au statu
quo que vous n’aurez plus le goût d’y
rester.