L’humour quand
 
on est gestionnaire
 
  Marc Vachon, psychologue  
   

Êtes-vous de ces gestionnaires qui croient que le fait d’utiliser l’humour avec ses collègues diminue leur autorité ? Ou qui croient que le fait de rire avec ses employés est inapproprié ? Qu’il y a un temps pour rire et un temps pour travailler ? Ou qu’il n’y a pas de corrélation entre l’humour et le succès d’un dirigeant ?


Si oui, vous êtes parmi ceux qui mettent de côté un outil puissant pour améliorer le climat de travail et pour favoriser le développement des habiletés des employés, pour les motiver et même les inspirer et les amener à participer, à être actifs et intéressés. Sans compter que l’humour aide souvent à exprimer votre enthousiasme et votre encouragement. Il peut également servir à minimiser les erreurs qui, la plupart du temps, ne sont pas intentionnelles et à adoucir ce que vous avez à dire à un employé en aidant à créer le rapport de confiance.

 

En fait, l’approche humoristique est un outil de plus à avoir pour mieux communiquer avec les autres. En tant que cadre supérieur, vous voudrez avoir une attitude positive à l’égard du comportement des employés que vous dirigez, parce que vous savez que la qualité des relations qu’ils ont avec la direction est un des facteurs importants influencant leur productivité.


Bien sûr, tous les dirigeants ne sont pas des spécialistes des relations humaines. Mais ceux qui développent ces habiletés peuvent mieux diriger. Et l’humour fait partie de ces habiletés humaines qui font les bons dirigeants. Voici donc quelques conseils si vous décidez d’ajouter cet outil à votre arsenal.

 

Commencez par observer et par porter attention aux incidents et anecdotes amusantes qui se passent autour de vous au travail.

Lisez quelques bons livres de citations amusantes, d’histoires comiques ou de plaisanteries qui s’appliquent à vous ou à votre situation au travail. Je vous suggère les bandes dessinées de Scott Adams qui, avec son personnage de Dilbert, souligne les travers et absurdités de nos organisations. Vous les trouverez en anglais et en français dans toutes les librairies.

Centrer votre humour sur vous-même et votre situation de travail, et non sur les autres, surtout si vous ne les connaissez pas. Évitez donc le sarcasme et l’ironie. L’humour devrait servir à réduire le stress, non à l’augmenter.

Si une réponse humoristique appropriée vous vient à l’esprit, n’hésitez pas à la dire.

La plupart des employés cessent de rire en présence du patron. Favorisez donc une atmosphère de coopération en participant, jusqu’à un certain point, à leur humour. Si vous vous sentez assez sûr de vous pour rire avec eux, le rapport de confiance sera d’autant plus étroit.

Si vous devez faire des présentations ou prendre la parole, gagnez votre auditoire en ponctuant votre intervention d’humour, ce qui a aussi l’avantage de capter leur attention.

Sentez-vous flatté si, après avoir taquiné un employé, celui-ci se sent assez confortable pour vous taquiner à son tour, à condition, bien évidemment, que ni l’un ni l’autre ne ridiculise l’autre.

Peut-être n’est ce pas important pour vous que vos employés vous aiment ou non. C’est vrai que ce n’est pas essentiel pour que le travail soit fait. Mais un employé sera plus loyal envers un dirigeant qu’il apprécie et en qui il a confiance. Même si le travail, ces années-ci, est particulièrement exigeant, vous pouvez sans aucun doute contribuer à faire que le climat soit agréable et que plaisir au travail soit possible.
   

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