Mieux comprendre les différences individuelles pour mieux communiquer
Par
Marc
Vachon, psychologue
Que
recherchez-vous dans un emploi? Comment savez-vous que vous
avez fait un bon travail ou que vous avez pris la bonne décision? Selon vous, le verre est-il à moitié vide
ou à moitié plein? Quelles relations faites-vous
entre les trois derniers mois à votre travail? Qu’avez-vous
fait le weekend dernier?
La réponse à ces questions
toutes simples pourrait bien vous révéler des
clefs importantes pour vous aider à mieux vous connaître,
à comprendre vos collègues de travail et vos
proches et à communiquer plus efficacement avec eux.

S’il
est un problème qui a fait l’objet de nombreuses
études par les psychologues sociaux et industriels
ces trente dernières années, c’est bien
celui des communications en milieu de travail et de leur influence
sur le rendement. Une approche de la communication,
la Programmation neurolinguistique ou PNL, s’est penchée
sur le sujet et a proposé ses réponses à
des questions comme: comment comprendre le comportement d’individus
qui, placés dans une même situation, vont avoir
des réponses différentes.
Nous
connaissons déjà l’influence que peuvent
avoir les croyances positives et négatives que nous
entretenons et qui filtrent la perception des événements
qui nous arrivent, déterminant du même coup nos
réactions à ceux-ci (voir Changer...
quand il le faut: le pouvoir de nos croyances).
La
PNL a identifié d’autres filtres de la réalité
qui aident à comprendre pourquoi nous éliminons
certains aspects de notre expérience et pourquoi nous
nous concentrons sur d’autres. Pourquoi, par exemple,
il y a des gens qui regardent un verre rempli à moitié
et disent qu’il est déjà à moitié
vide alors que d’autres sont plus centrés sur
la moitié qui reste. Simple question d’attitude,
direz-vous. Certains sont plus positifs, optimistes, alors
que d’autres sont plus négatifs, pessimistes,
réalistes.
Pour
la PNL, il faut plutôt chercher l’explication
dans ce qu’elle nomme les métaprogrammes, sorte
de logiciels du cerveau en quelque sorte, qui traitent les
informations, les classent et déterminent ce qui va
retenir notre attention et ce que nous allons éliminer,
étant donné le trop grand nombre de stimulations
qui arrivent en même temps à nos sens.
Nous
allons maintenant en voir quelques-unes. Nous vous suggérons
de vous munir d’abord d’un crayon et d’un
papier, puis d’écrire vos réponses aux
questions que nous allons vous poser. Ce sont ces réponses
qui vont vous permettre d’identifier plusieurs de vos
caractéristiques personnelles, particulièrement
en ce qui a trait à votre façon d’apprendre,
de cadrer l’information, de vous motiver, d’entrer
en relation avec les autres et autres.
Votre
façon d’apprendre
Regardez
les trois pièces de monnaie qui suivent. Puis, prenez
un crayon et, pendant une minute, écrivez les liens
qui existent entre ces trois pièces, les relations que vous faites entre elles?

Quelle
ont été vos réponses? La majorité
d’entre nous va d’abord voir les ressemblances entre les trois
pièces avant les différences. Ce sont des associatifs.
Ils
répondront, par exemple, que ce sont toutes des pièces
de monnaie (Euros), qu’elles sont toutes rondes, qu’elles
servent toutes à acheter des choses, qu’elles
ont toutes des lignes, qu'elles sont toutes en métal,
etc.
D’autres
verront d’abord les différences et répondront
que ces pièces sont de grandeur différente,
qu’elles n’ont pas la même valeur, que le
côté pile est différent sur les trois,
qu’il y en a deux qui ont deux couleurs alors que la
troisième n’en a qu’une, etc. On dira d’eux
qu’ils sont dissociatifs. Certains
autres vont voir un mélange de ressemblances et de
différences. Il y a donc un continuum entre le très
associatif d’un côté et le très
dissociatif de l’autre.
Cette
différence individuelle réfère à
notre façon d’apprendre. Quand ils reçoivent
de l’information, les associatifs ont tendance à
voir d’abord comment cette information ressemble à
ce qu’ils savent déjà, comment elle correspond
à leurs références. Les dissociatifs,
quant à eux, vont plutôt essayer de voir comment
l’information reçue diffère de leurs références.
Dans une équipe de travail, ce sont ceux qui voient
les exceptions en premier ou ce qui ne marche pas dans un
projet. Ils ont souvent une objection, vont commencer leur
phrase par oui… mais ou encore sauf que… Leur avis est précieux puisqu’il permet de prévoir
les obstacles et de s’y préparer. Ils ont davantage
le sens critique. Par contre, si on les écoutait tout
le temps, on n’en finirait plus de se préparer.
Ils aiment quand ça change, réorganisent souvent,
n'aiment pas la routine, les situations statiques. Ils sont
attiré par ce qui est nouveau.
Dans une organisation, les associatifs sont souvent ceux qui
veulent que les choses continuent de la même manière.
Étant concentrés d’abord sur les ressemblances,
ils ont moins besoin de changement puisque, pour eux, plus
ça change, plus c’est pareil. On les retrouvera
d’ailleurs à leur aise dans un travail plus routinier
et, si aucune situation extérieure n’intervient,
ils garderont leur emploi pendant beaucoup plus longtemps
que les dissociatifs.
Pour
motiver un associatif face à une nouvelle situation,
il faudra donc d’abord lui montrer les ressemblances
entre celle-ci et d’autres qu’il connaît
déjà. Pour rejoindre le dissociatif, il faudra
mettre des nuances, prévoir ses objections.
Vous
comprendrez bien sûr que mon propos n’est pas
ici d’évaluer si un métaprogramme est
meilleur qu’un autre. En fait, un métaprogramme
peut être efficace dans une situation donnée
et être nuisible dans un autre contexte. En les connaissant,
cependant, nous comprenons mieux les réactions des
autres ou les nôtres dans telle ou telle situation,
l’idéal étant sans doute un sain équilibre
qui nous permet de ne pas être enfermé dans un
seul type de réaction.
La
question à poser donc pour identifier ce métaprogramme
est la suivante: quelle relation, quel lien faites-vous entre
deux éléments (entre ce mois-ci et le dernier,
entre ces deux automobiles, etc).
Votre
façon d’entrer en relation avec les autres.
Imaginez
le scénario suivant. Vous entrez dans un bureau et
vous vous avancez vers la réceptionniste qui travaille
à son traitement de texte. Aussitôt qu’elle
vous aperçoit, elle quitte l’écran des
yeux, vous regarde avec un sourire chaleureux et vous dit
d’une voix amicale: Bonjour! Est-ce que
je peux vous aider?
Imaginez
maintenant ce deuxième scénario. Vous entrez
dans un bureau et vous vous avancez vers la réceptionniste
qui est concentrée sur son traitement de texte. Vous
restez debout, attendant qu’elle fasse un signe, mais
elle ne semble pas avoir remarqué votre présence.
Vous vous dérhumez, faites sonner vos clefs dans votre
main puis sur le comptoir. Rien n’y fait. Finalement,
n’y tenant plus, vous risquez un « Madame,
s’il vous plaît... » Deux yeux sombres
vous fusillent enfin et une voix exaspérée vous
répond: « Vous êtes donc pressé...
Vous ne voyez pas que je suis occupée? Assoyez-vous
et attendez qu’on vous appelle. »
Les
indices comportementaux nous révèlent ici deux
métaprogrammes différents par rapport à
la façon d’établir des relations avec
les autres. L’attention de la première personne
est orientée sur les autres et celle de la seconde
orientée sur elle-même. Si vous avez une entreprise
de service, laquelle aimeriez-vous mieux avoir pour recevoir
vos clients ? Par contre, si vous avez besoin de quelqu’un
pour se charger de la collecte des comptes en souffrance,
vous préférerez sans doute une personne qui
est davantage tournée vers elle-même.
Les
bons vendeurs présentent souvent un bon équilibre
entre les deux. Ils sont capables de se tourner vers leurs
clients pour comprendre leurs besoins, entrer en relation
sympathique avec eux, mais ils sont également très
sensibles à leurs propres besoins pour finalement emporter
la vente, sans quoi ils repartiraient bredouilles en achetant
les excuses du client. À l’extrême, une
personne uniquement orientée vers les autres est un
martyr, alors que celle orientée uniquement vers elle-même
est un pur égoïste.
Pour
identifier ce métaprogramme, il s’agit donc d’observer
les indices comportementaux de l’individu lorsqu’il
entre en relation avec les autres. Une entreprise de service
qui désire engager une personne au service à
la clientèle pourrait, par exemple, faire une entrevue
de groupe et observer le comportement de chacun avec les autres
avant l’entrevue plutôt que leur discours pendant
l’entrevue. Quelqu’un d’assis à l’écart,
ne prêtant aucune attention aux autres, le regard dans
le vide est plutôt tourné vers lui-même.
Un autre qui semble donner beaucoup de support aux autres,
qui écoute penché en avant vers son interlocuteur,
qui hoche souvent de la tête en signe de compréhension
est tourné vers les autres.
Votre
façon d’évaluer ce que vous faites.
Prenez
maintenant le temps de répondre à la question
suivante : comment savez-vous si vous avez réussi,
ou si vous avez fait un bon travail?
Ce
métaprogramme se réfère à la façon
dont une personne juge ses propres gestes. Certains vont répondre je le sais, je le sens quand j’ai fait un bon travail.
D’autres vont se fier davantage au feed-back qu’ils
reçoivent des autres, aux remarques positives ou négatives
qu’on leur fait, aux gratifications monétaires
ou aux félicitations qu’ils reçoivent.
Les premiers ont un schème de référence
interne, les seconds un schème de
référence externe.
Au
travail, selon l’endroit où elle se situe dans
le continuum, la personne interne aura moins besoin de la
reconnaissance des autres. Elle se fie à elle-même,
à l’encontre parfois des commentaires que peuvent
lui faire les autres. La seconde en aura besoin plus régulièrement.
que ce soit sous forme de tape dans le dos, d’un mot
d’appréciation, d’un prix, d’une
prime ou d’applaudissements. J’ai déjà
rencontré un excellent vendeur d’un gros bureau
d’affaires qui a laissé son emploi parce qu’il
ne recevait pas suffisamment d’appréciation de
son patron. Ce dernier avait un schème interne de référence
et ne comprenait pas le besoin de son vendeur d’être
constamment encouragé, félicité, convaincu
qu’il était que les chiffres de vente de ce dernier
parlaient par eux-mêmes. De son côté, le
vendeur, avec un schème de référence
externe, trouvait son patron froid, distant et a décidé
de se tourner vers une entreprise dans laquelle le patron
lui faisait régulièrement part de son appréciation,
d’une façon ou de l’autre.
Encore
ici, l’équilibre est à souhaiter. Une
personne qui ne se fie qu’à elle-même,
qui ne prend aucune remarque des autres, devient mégalomane,
alors que celle qui ne se fie qu’aux autres répondra
toujours à ce que les autres ont planifié pour
elle, sans jamais être capable de décider par
elle-même de ce qui est bon pour elle.
Pour
identifier ce métaprogramme, la question à poser
est donc: comment savez-vous que vous avez réussi
quelque chose ou que vous avez fait un bon travail?
Votre
façon de vous motiver
Prenez
quelques instants pour répondre à l'une ou l'autre de ces questions: que recherchez-vous dans un travail? Qu’est-ce
qui est important pour vous dans un travail? Si
vous avez arrêté de fumer, qu’est-ce qui
vous a décidé à le faire?
Tous
les êtres vivants partagent une tendance profonde à
rechercher le plaisir et à éviter la souffrance.
Mais nous avons tous un mode dominant. Certains sont davantage
motivés à agir quand leur action leur permet
d’éviter un malaise, un inconvénient,
un conflit, un inconfort, une souffrance. Leur mode de motivation
est l’évitement. Ils
voudront éviter une peur (être jugé, blessé,
critiqué), une perte (amour, avantage, emploi, statut)
un sentiment désagréable.
D’autres
le seront davantage si leur action leur permet d’atteindre
quelque chose (un but, un objectif, une mission), de relever
un défi, d’obtenir un avantage (la reconnaissance,
l’épanouissement, l’avancement, le statut),
d’avoir des résultats tangibles. Leur mode de
motivation est l’approche.
Par
rapport à un travail, par exemple, certains diront
qu’ils recherchent la sécurité d’emploi,
les bonnes conditions de travail, les vacances, qu’ils
veulent avoir la paix... ceux-là sont davantage motivés
par l’évitement. D’autres répondront
qu’ils veulent un emploi dans lequel ils sentent qu’ils
aident les autres ou qui leur permette d’utiliser leur
créativité, de produire de nouveaux résultats,
de s’épanouir... Ceux-là sont davantage
motivés par l’approche. On pourra évidemment
avoir une façon différente de se motiver selon
qu’il s’agisse de choisir une relation amoureuse,
une voiture, une maison... Vous connaissez sans doute des
gens qui choisissent une maison qui leur donnera le moins
de travail possible (évitement), alors que d’autres
vont la choisir pour le plaisir de la rénover (approche).
C’est la même chose pour la santé : certains
s’en occupent quand ils n’ont plus le choix, quand
on leur annonce une maladie (évitement).
Connaître
notre mode privilégié de motivation nous permet
d’abord de comprendre pourquoi, même quand nous
savons pertinemment ce qu’il faut faire, nous éprouvons
de la difficulté à passer à l’action.
Si, comme la grande majorité des gens, nous fonctionnons
d’abord par évitement, peut-être que la
situation n’est pas suffisamment souffrante, surtout
que certains ont des seuils de la souffrance ou du malaise
qui sont très élevés. Si nous fonctionnons
par approche, peut-être n’y a pas suffisamment
à gagner.
Connaître
le mode de motivation des autres nous permet également
de les motiver efficacement, qu’il s’agisse d’employés,
d’étudiants et même de ses enfants. À
celui qui est orienté vers l’évitement,
il faudra lui faire voir tout ce qu’il va perdre, lui
dire qu’il va le regretter toute sa vie, que ses conditions
désagréables actuelles vont empirer s'il n'agit
pas. Ces remarques ne rejoindront pas toutefois celui qui
fonctionne par approche à qui nous parlerons plutôt
de ce qu’il a à gagner, de ce qu’il va
pouvoir réaliser, obtenir.
La
question à poser pour identifier ce métaprogramme
est la suivante: que recherchez-vous dans un travail...
dans une relation... dans une voiture...
Votre
façon de cadrer l’information
Répondez
à cette question : qu’avez-vous fait ce dernier
weekend ?
Certains
d’entre vous vont répondre de façon spécifique,
en donnant beaucoup de détails, en commençant
par ce qu’ils ont fait vendredi soir, puis samedi matin,
samedi après-midi, etc. D’autres vont répondre
de façon beaucoup plus globale, dans
une seule phrase qui résume tout le weekend (J’ai
fait le ménage ou J’ai reçu ma
famille ou Je me suis reposé).
Les
gens spécifiques ont tendance à être précis,
à donner beaucoup de détails, à analyser,
à décrire les parties ou les éléments
d'une totalité, à décomposer les tâches,
à être concret. Ils aiment aussi qu’on
leur donne des détails quand ils reçoivent de
l'information, ils veulent en savoir davantage. Pour tout
travail qui requiert de la précision, on souhaitera
quelqu’un de spécifique.
Les
personnes globales relient l'information à un ensemble
plus large, préfèrent les généralités,
se satisfont d'une indication générale. Ils
sont à l'aise dans des tâches plus abstraites,
ont la capacité de synthèse. Voilà une
qualité que l’on retrouve chez un bon vulgarisateur.
Quand l'astgrophysicien rencontre des groupes d'étudiants
de 18 à 20 ans, il est plus global. Quand il rencontre
d'autres astrophysiciens, il est nettement plus spécifique.
C'est un communicateur flexible.
Votre
façon de vous engager dans l’action
Nous
nous différencions aussi par notre mode d’engagement,
par la façon que nous avons de passer à l'action.
Si vous êtes du mode proactif, vous
initiez l'action, vous la déclenchez, la provoquez.
Les personnes proactives sont plus engagées dans ce qu'elles font,
se sentent et sont plus responsables. Elles répondront
souvent en utilisant le je, la première personne.
Les
personnes du mode réactif embarquent
quand c’est engagé, suivent le mouvement, réagissent
quand il y a une demande, quand il le faut. Elles se sentent
moins responsables, vont plus souvent évoquer des excuses
(c’est pas ma faute, j’avais pas le choix…)
puisqu’elles n’initient pas l’action. Comme
on peut le penser, le mode réactif est plus relié
à la motivation par évitement,
alors que le mode proactif est plus relié à
l’approche. Dans un travail
en équipe, le proactif reproche souvent aux membres
réactifs de ne pas prendre l’initiative, alors
que ces derniers reprochent au proactif de tout décider.
Et pourtant ils sont parfaitement complémentaires.
Enfin, par rapport au mode d’engagement, il y a le
mode passif qui n’initie ni ne réagit, mais attend.
Votre
façon de vous relier à votre expérience
Êtes-vous
plus associé ou dissocié par rapport à
ce que vous vivez ? Si vous êtes plus associé,
vous êtes acteur de votre expérience. Vous la
vivez en je, avec vos propres yeux et, donc, vous
expérimentez davantage la réaction émotive
qui l’accompagne. L’associé éprouve
immédiatement tous les sentiments de ses expériences,
passées ou présentes. S’il repense à
un souvenir marquant du passé, il se reverra en train
de le revivre, comme s’il y était encore. On
le dit plus théâtral, plus impulsif. Quand il
raconte une histoire, il y met de l’émotion,
même si c’est la cinquantième fois qu’il
la répète. C'est donc un bon conteur.
L’individu dissocié se voit agir de l’extérieur
de lui-même. On le dit plus objectif, plus distant,
froid même. Il est comme le scientifique ou l’ingénieur
qui s’abstrait de la situation pour mieux l’examiner.
Cette caractéristique est essentielle dans certains
métiers. Le médecin chirurgien, le policier,
l’ambulancier se doivent de se dissocier de leur expérience
pour être capables d’être efficaces. Il
y a certaines circonstances qui requièrent aussi de
se dissocier, par exemple, la femme qui accouche réussit
souvent à se dissocier de sa douleur.
Être
tout le temps associé n’est pas mieux que de
toujours être dissocié. Être très
associé, c’est bien sûr vivre intensément
ses joies, mais aussi ses peines et il y a des occasions où
il serait plus sain de se dissocier de la douleur. De la même
façon, il y a des moments où il faut s’associer
à ses émotions, au risque de ne plus sentir.
Si on fait un métier qui nous oblige à nous
dissocier, il faut être assez flexible pour se réassocier
quand on se retrouve dans son couple, avec ses enfants.
Quelques
autres différences individuelles
Il
existe de nombreux autres métaprogrammes et vous pouvez
vous exercer à en identifier. En voici quelques-uns.
Il existe un métaprogramme qui détermine notre
façon de travailler et qui est particulièrement
pertinent à connaître pour le travail en équipe.
Ainsi, certains préfèrent travailler seuls,
on les dira indépendants. Ils sont
souvent malheureux dans une équipe de travail. D’autres
aiment travailler en équipe, mais ont besoin de garder
l’entière responsabilité d’une tâche.
Ce sont les coopératifs. Enfin, certains
sont très à l’aise dans le travail en
équipe, ils préfèrent même travailler
avec les autres et faire ce qu’il y a à faire,
ce qu’on leur dit de faire.
Vous
pouvez remarquer aussi que certains font d’abord appel
aux sentiments avant la logique, alors que c’est l’inverse
pour d’autres. Certains aiment entreprendre des choses
et ont de la difficulté à les terminer, alors
que d’autres préfèrent les accomplissements.
Certains fonctionnent toujours avec une procédure,
étape par étape. Quand ils ont un nouvel appareil
électronique, ils vont lire d'abord le livre d'instructions
et procéder logiquement en suivant une démarche
logique. D'autres vont plutôt fonctionner par option.
Ils essaient le nouvel appareil et vont se référer
au manuel d'instruction que si c'est nécessaire.
Nous
ne parlons pas non plus ici d’un des métaprogrammes
les plus importants de la communication : certains sont plus visuels, d'autres plus auditifs
et d'autre plus kinesthésiques (voir notre autre texte Voir, entendre, sentir... pour mieux communiquer).
Développer
sa flexibilité
Encore
une fois, il n’est pas question ici de nous prononcer
sur la valeur relative d’un métaprogramme par
rapport à un autre, mais bien plutôt de nous
donner des moyens supplémentaires pour comprendre notre
fonctionnement et celui des autres. Chaque métaprogramme
a son utilité selon le contexte dans lequel on se trouve.
Plutôt
que de juger l’autre et d’espérer qu’il
change ses attitudes, cette connaissance nous permet de savoir
où il se situe et de modifier notre approche avec lui,
modifiant du même coup les résultats, qu’il
s’agisse de motiver une équipe de travail, de
mener une négociation, de faire de la gestion de personnel
ou simplement de convaincre.
Les
métaprogrammes sont des conditionnements. Les expériences
de travail, la vie de couple et la vie tout court nous aident
également à modifier certains d’entre
eux et à développer l’autre pôle,
ce qui est probablement l’idéal puisque nous
pouvons alors réagir de façon flexible pour
nous adapter à ce qu’exige la situation. Si je
suis trop externe, je dois développer mon évaluation
interne, apprendre à me fier à moi quand j’ai
une décision à prendre, me faire confiance.
Si je suis surtout réactif, je dois développer
le mode proactif pour ne pas uniquement faire les choses quand
c’est nécessaire, urgent, mais pour pouvoir prendre
les initiatives qui vont me conduire à réaliser
mes rêves, à satisfaire mes besoins. Si je suis
surtout tourné vers moi, je dois développer
l’empathie qui me permet de comprendre l’autre,
de me mettre à sa place et surtout de l’écouter.
L’être humain a ceci de beau qu’il peut
apprendre.