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Le
sentiment de bon voisinage au travail
Marie
Bérubé et Marc Vachon
Quand,
dans nos nombreuses rencontres avec les travailleurs et
travailleuses, nous leur demandons les états d’esprit
qui les aideraient pour passer à travers le quotidien
et tous les bouleversements au travail, ils nous disent
des choses comme: l’entrain, l’enthousiasme,
la créativité, l’assurance, la confiance,
l’humour, le détachement, la curiosité,
la gentillesse, la valorisation, le respect, etc. Et, fait
à remarquer, un mot revient de plus en plus sur leurs
lèvres, comme un souhait: la solidarité. On
sent la nécessité de développer, entre
confrères et consœurs, une plus grande entraide,
de se serrer les coudes, de s’appuyer, de cesser d’être
en constante compétition. En fait, ce dont les gens
ont le plus besoin finalement, dans le contexte actuel,
c’est d’être bon les uns avec les autres.
De
petits gestes qui tissent des liens
Mais
que veulent dire les mots solidarité et entraide
dans la situation actuelle ? Nous pourrions nous gargariser
de grands mots, mais nous avons demander à des groupes
de travailleurs et travailleuses de répondre à
cette question. Et ils nous ont répondu par de petites
et de grandes choses qui ont chacune leur importance et
qu’il n’est pas mauvais de se rappeler.
- Dire
S'il-vous-plaît ! Merci ! Bonjour, bonsoir !
et entendre quand une autre personne me le dit.
- S’informer
comment l’autre va, s’intéresser à
ce qui lui arrive.
-
Prendre quelques minutes pour écouter et soutenir
l’autre quand il vit des moments difficiles (au
travail ou ailleurs).
-
Dire des paroles ou poser des gestes d’encouragement.
-
Apprendre à dire les choses au lieu de ruminer.
-
Dire son sentiment au lieu de critiquer.
-
Accepter que quelqu’un fasse les choses différemment.
Comme on dit en bon québécois, « ce
n’est peut-être pas fait pareil, mais c’est
fait pareil ! »
-
Se donner le droit à l’erreur et le donner
aussi à l’autre.
-
Quand on reçoit une remarque, prendre un peu de
recul et aller y chercher ce qui peut nous aider, au lieu
de chercher à contre-attaquer. Personne n’est
parfait !
-
Partager son savoir et son savoir-faire avec les plus
jeunes, sans jouer à celui ou celle qui sait tout.
-
Développer sa complicité : un clin d’œil
et un sourire valent mille mots.
-
Savoir accueillir les nouveaux dans un milieu, sans penser
que l’organisation ou quelqu’un d’autre
va le faire.
- Si
on n’a pas le temps de dire les choses sur le moment,
prendre le temps de le faire plus tard.
-
Aller vérifier quand quelqu’un dit ou fait
quelque chose qu’on n’a pas compris, au lieu
de se sentir coupable.
-
Face à un geste ou une parole qu’on prend
personnellement, comme une attaque, se demander : pourrait-il
y avoir une autre interprétation?
-
Savoir rire de soi.
-
Se valoriser mutuellement pour nos bons coups.
-
Apprécier que l’autre soit là et lui
dire : « Je suis content que tu sois là
ce matin! J'aime ça travailler avec toi !»
-
Partager une tâche.
-
Poser ses limites et accepter celles des autres.
-
Demander des conseils aux autres, même à
un plus jeune
-
S’annoncer : « Je suis libre pour dîner.
Qui vient avec moi ? » ou « J’ai
un peu de temps devant moi. Qui a besoin d’un coup
de main ? »
-
S'offrir des « douceurs », avoir
de petites attentions les uns pour les autres.
-
Voir les autres comme des collègues et non comme
des compétiteurs ; on fait tous partie de la même
aventure humaine.
- Savoir
reconnaître le travail de l’autre; ça
ne nous enlève rien.
-
Donner aux autres le droit de ressentir ce qu’ils
ressentent.
-
S’établir des rituels bien à nous.
Pourquoi pas luncher chaque vendredi entre collègues
? On apporte un repas particulier qu’on partage
ou on va ensemble luncher.
- Se
souhaiter Joyeux anniversaire ! Souligner l’événement
de façon originale.
-
Faire quelque chose de gentil pour quelqu’un qui
ne s’y attend pas. Par exemple, envoyer des fleurs
à notre réceptionniste avec une carte mentionnant
: De nous tous ! Juste pour te dire qu’on t’apprécie
!
-
Sourire et regarder l’autre dans les yeux quand
on le rencontre.
- Ralentir
son rythme, ses mouvements pour avoir le temps de voir
l’autre quand on le rencontre.
-
Tourner son corps vers l’autre dans une attitude
réceptive.
- Se
donner de bons feedbacks régulièrement et
accepter ceux qu’on nous donne. Au lieu de répondre
C’est normal ! dire tout simplement Merci
! et mettre ça dans notre compte en banque
d’estime.
Sans
doute pourrez-vous tirer profit vous-même de cette liste
dans vos différents milieux et la compléter
avec des comportements concrets et adaptés à
votre travail. Ces gestes sont parfois bien simples et anodins,
mais ils manifestent notre attachement et notre solidarité
et contribuent à tisser des liens et à créer
entre nous un sentiment de bon voisinage.
Le
travail change et il n’est pas toujours facile de prendre
assez de recul pour voir en avant si ces changements sont
pour le mieux. Seul le temps pourra le dire. Quoiqu’il
en soit, nous n’avons pas le choix: nous devons, au
quotidien, nous aménager un espace de travail qui soit
vivable et les collègues de travail constituent une
ressource essentielle pour y arriver. Ce que plusieurs sont
en train de redécouvrir, c’est ce sentiment de
dépendance mutuelle qui existe entre nous et qui devrait
nous inciter à nous accorder aide et support.
Vous
avez des suggestions à partager pour accroître
le bon voisinage au travail ? Des anecdotes à nous
raconter à ce sujet ? Faires-nous les parvenir à
info@oserchanger.com.
Nous publierons les meilleures dans un prochain
Oserchanger Info.
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