| Profiter
pleinement de ses vacances
Par
Marc Vachon,
psychologue
Bon!
Ça y est. On a finit par goûter à
quelques belles journées. Il était temps.
L’été est là, les journées
sont plus longues et plus chaudes, on a commencé
à manger dehors au son de la tondeuse à
gazon du voisin, à utiliser son barbecue, à
jardiner et à entretenir ses plates-bandes et boîtes
à fleurs. On se sort tranquillement de la saison
des faucons - faut qu’on lave les vitres, faut qu’on
peinture la galerie, faut qu’on plante les annuelles,
faut qu’on répare les moustiquaires…
Le
plaisir de l’anticipation
Autour
de nous, on entend de plus en plus les collègues
parler des vacances qui s’en viennent. On se met
à faire des projets, on s’imagine prendre
la route pour l’aventure, on se voit faire de la
marche à la montagne, découvrir de nouveaux
endroits, rencontrer de nouveaux visages, faire de nouvelles
expériences. Ou encore, on rêve de s’allonger
sur une chaise longue, les orteils en éventail,
à écouter de la musique ou les cris des
enfants qui s’ébrouent dans la piscine ou
dans la vague.
Il
y a déjà un grand plaisir à penser
d’avance à ce qu’on va faire. Celui
qui prépare ses mouches pendant l’année
goûte déjà par anticipation au plaisir
de son excursion de pêche. Même chose pour
celle qui planifie son voyage en consultant livres et
cartes sur les endroits qu’elle ira visiter pendant
15 jours.
La
préparation aux vacances peut aussi être
l’occasion de développer de nouvelles habiletés
ou d’apprendre de nouvelles connaissances. Un voyage
à l’étranger peut se préparer
en acquérant les rudiments d’une nouvelle
langue pour mieux communiquer avec les gens. Peut-être
voudrez-vous apprendre la plongée sous-marine ou
le golf pour mieux jouir des possibilités offertes
par la région que vous allez visiter.
Sortir
de la routine
Les
vacances, c’est le moment d’évacuer
par la porte de derrière les horaires réguliers,
les réveils obligés, toujours à la
même heure, la routine de journées chargées
s’organisant autour du travail. C’est l’occasion
surtout de sortir de son état de transe, de ses
habitudes, pour tâter le bonheur du moment présent,
pour stimuler nos sens endormis dans le quotidien. Et,
pour y arriver, il faut parfois s’éloigner
de chez-soi, parce que d’autres faut qu’on
ne manqueront pas de surgir. S’éloigner aussi
parce qu’on finit par s’engourdir quand on
vit toujours dans le même environnement. N’importe
quel voyage fera l’affaire, finalement. L’important,
c’est de s’exposer à de nouveaux paysages,
à de nouvelles expériences.
Pour
vous en convaincre, pensez à la première
fois où vous avez mis les pieds dans la mer, où
vous avez pique-niqué sur l’herbe avec les
enfants avant d’aller vous amuser à La Ronde,
où vous êtes allé à un endroit
totalement différent de votre environnement habituel.
Le simple fait de sortir de nos frustrations quotidiennes
est relaxant. Et même si on rencontre de nouveaux
problèmes pendant notre évasion, on sait
qu’ils sont temporaires. L’important, c’est
de sortir de son quotidien et de laisser ses problèmes
derrière soi. Même si vous ne faites que
vous asseoir près d’un petit pont à
regarder passer l’eau qui coule, ce sera déjà
un changement d’avec votre rythme habituel.
Oser
l’aventure
Nous
avons tous, en chacun de nous, un aventurier qui s’ignore.
Pendant les vacances, c’est le temps de lui redonner
vie en nous plaçant dans des situations qui demandent
de puiser dans nos ressources. Pour certains, ce sera
le camping qui permet d’expérimenter un style
de vie différent, plus rudimentaire, plus près
de la nature. Pour d’autres, ce sera tenter des
expériences un peu plus inhabituelles. Pourquoi
ne pas mettre un peu de risque dans nos vacances ? Pas
trop, bien sûr, pour ne pas gâcher notre plaisir,
mais juste assez pour sortir de notre zone de confort
habituelle et nous sentir vivre. Un peu de rafting en
rivière, peut-être, de voile, de ski nautique,
de parachutisme, de kayak de mer, d’escalade en
montagne...
Se
mettre à l’épreuve dans un nouvel
environnement et relever des défis que la vie quotidienne
n’offre pas est souvent bon pour l’estime
de soi. Et si ces activités peuvent vous paraître
risquées, dites-vous qu'en plus d’être
nettement plus excitantes que la conduite de votre automobile
sur l'autoroute, elles sont bien moins dangereuses.
Se
garder des moments de liberté
Les
vacances nous donnent la liberté de faire ce qu’on
veut faire. Voilà sans doute un de leurs principaux
bienfaits. D’où l’importance de les
planifier au moins sommairement, surtout quand il y a
plusieurs personnes impliquées, pour ne pas avoir
l’impression qu’elles n’ont été
qu’une période de temps non travaillée,
vides de ce qui fait qu’on a des choses à
raconter et à se rappeler. Planifiez les activités
que vous ne voulez pas manquer, pour ne pas être
déçu et décevoir les vôtres
parce que vous l'avez ratée faute d’avoir
réservé vos billets. Planifiez pour vous
assurer d’une place au camping Nice Beach
avec vue sur la mer, vanté par vos amis, pour ne
pas vous retrouver obligé de planter votre tente
à côté d'une autoroute achalandée.
Mais
trop planifier, c’est comme pas assez. Dans votre
programme, n’oubliez pas de vous garder des moments
de liberté totale où vous pouvez laisser
votre esprit vagabonder. Des périodes de temps
que vous gardez juste pour vous, pour reprendre contact
avec vous-même, pour vous retrouver et déterrer
de vieux rêves, peut-être. Surtout si, pendant
l'année, votre travail vous oblige à être
tout le temps en contact avec les autres, dans un brouhaha
constant, à répondre aux demandes de tout
un chacun. Parfois, on oublie qu’il y a quelqu’un
qui requiert aussi qu’on lui donne du temps, qu’on
réponde à ses besoins : soi-même.
Tous les gens qui réussissent leur vie, aussi occupés
soient-ils, se caractérisent par ce temps qu’ils
se réservent à eux-mêmes, à
tous les jours. Les vacances sont un bon moment pour commencer
cette habitude saine que vous voudrez garder par la suite.
Et
les amis ?
Les
amis, c’est la famille du cœur et les vacances
sont le moment par excellence pour resserrer des liens
et pour prendre du temps avec eux, ce qui nous manque
parfois cruellement pendant l’année, tiraillés
que nous sommes entre les exigences du travail et de la
famille.
Nous
sommes des êtres sociaux et les vacances nous fournissent
aussi l’opportunité de former de nouvelles
amitiés. Partager une aventure avec d’autres
personnes nous permet de participer à leur enthousiasme,
de profiter de leurs connaissances aussi. Dans vingt ans,
vous parlerez encore de cette excursion en canoë
interrompue par l’orage et de ces rencontres autour
de feux de camp pour vous réchauffer et chanter
Feu feu, joli feu.... Vous vous souviendrez avec
plaisir de ce voyage de groupe en autobus pour assister
à un match de baseball à New-York.
Et
quoi encore ?
Pendant
vos vacances, soyez ouvert à la beauté des
choses. Quand on se tient au milieu d’un bel environnement,
qu’on ouvre bien grands les yeux et les oreilles
pour en profiter, pour se mettre au diapason de ce spectacle
grandiose que nous offre la nature ou une merveille du
génie humain, c’est un peu de leur beauté
et de leur puissance qu’on acquiert. Ce sont des
expériences inoubliables pendant lesquelles le
temps s’arrête parfois ou s’étire,
et qui restent à tout jamais comme des moments
magiques.
Rappelez-vous
aussi que dans les vacances, il y a l’après.
Quand elles sont réussies, elles nous habitent
et continuent de nous alimenter longtemps, par les images
que nous en avons rapportées, photos ou vidéos,
mais aussi et surtout par ces souvenirs agréables
auxquels nous pouvons toujours revenir en esprit.
Enfin,
souvenons-nous que les vacances ne sont pas un mal nécessaire
pour nous permettre de travailler encore plus fort à
notre retour. Le but principal des vacances, c’est
d’être heureux.
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